Endore toi et crève ...

Endore toi et crève ...
...




Mais si je vais rester ! Bien sur que si ... Nier le passé, 'est le meilleur pour qu'il vous rattrappe tôt ou tard ...





...

# Posté le samedi 08 septembre 2007 12:42

Modifié le dimanche 30 mars 2008 07:44

Moi ? C'est Pauline, 16 ans et ... Et rien justement ...

Moi ? C'est Pauline, 16 ans et ... Et rien justement ...
...





En ce moment même, je suis triste, presque découragée. Je n'ai ni envie, ni quoi que ce soit à redouter. Tout m'indiffère, le passé comme le présent et surtout l'avenir. Je pourrais vous servrir l'habituelle et réchauffée métaphore de la coquille vide mais, les effets de style ? Très peu pour moi. Je n'ai aucune envie qu'on me dise que j'écris bien, que c'est émouvant et tout le couplet. Encore une fois vous ne verriez que la forme, en délaissant le fond avec le plus grand manque de considération possible. Comme toujours, la valeur esthétique de tout cela prendrait le pas sur la valeur morale et cela m'aurait donné la nausée. Lisez moi vraiment au lieu de seulement me déchiffrer !

Aurez vous d'ailleurs su capter la métaphore dans laquelle je viens de me placer en "comparée" face au comparant qu'est un texte ? ... Tout cela pour avouer sans trop me mouiller, sans trop me dévoiler que quand j'entends que je suis jeune, jolie et heureuse j'ai comme un noeud dans la gorge qui me coupe le souffle, comme une envie d'éclater en sanglots et de tout foutre en l'air dans ce monde que vous croyez être le mien.

Parce qu'encore une fois, vous n'avez su voir que la forme, parce qu'encore une fois vous avez occulté le fond. Vous n'avez retenu que la façade, croyant qu'avec cela vous pouviez me définir. Je ne suis en fait qu'un énorme trompe-l'oeil dont personne n'a su déceler l'arnaque. Peut-être que je suis plus simple, plus attrayante en jeune fille dite jolie et heureuse. Mais ce n'est pas moi. A l'intérieur je suis déjà bien trop vieille pour mes 16 ans. J'ai grandi trop vite et me voilà prématurément dégoûtée de mes semblables. Je devrais avoir foi en l'avenir, être insouciante mais j'ai appris trop vite que ça ne servait pas. Je suis perdue, partagée entre ce que je devrais être et ce que je suis ...

La seule issue pour changer tout, c'est mon imagination, qui bout parfois pendants des heures tandis que, d'un regard vide, je fixe tristement le plafond. Là, je recommence tout depuis le début. Toute ma vie et les rôles que vous y jouez. Ici tout est beau et clair. Je suis l'insouciante, jeune et jolie fille de 16 ans que je devrais être.

Mais ce ne sont que des rêves, on ne nous accorde pas ce genre de seconde chance. J'ai beau faire de mon plafond l'écran sur lequel je projète ma vie remanipulée, je ne vois jamais rien changer. Car on ne nous laisse pas le choix, sur notre propre vie nous n'avons pas ce
droit.



J'me sens mal ...
J'voudrais m'oublier ...


# Posté le samedi 08 septembre 2007 13:01

Modifié le mardi 19 février 2008 11:40

Sous mon arbre ...

Sous mon arbre ...
...





Cet après midi, comme souvent, je suis partie de chez moi . Non pas pour voir du monde mais, au contraire, pour m'en éloigner. Avoir au moins deux ou trois heures, seule, ne voir ni n'entendre personne, Sous mon arbre. Je mens un peu en appelant cet endroit comme ceci, il ne s'agit pas que d'un seul arbre mais d'une grande ribambelle d'arbres en cercle, qui filtre tout ce qu'il y a d'humain.

Je crois que personne d'autre n'y vient jamais, j'y suis systématiquement seule. C'est d'ailleurs chaque fois ce que je viens y chercher. Je crois que s'éloigner un peu de tout, prendre un peu de recul aide à mieux comprendre.

Là bas, je m'allonge, les jambes repliées, carressant distraitement l'herbe sous ma main. J'observe le ciel, je vois des formes se dessiner dans le blanc cotonneux des nuages. J'invente un monde. Un monde dans le ciel, nous serions des nuages, légers, doux. Lorsqu'il pleut, je me recroqueville sous un sapin pour m'abriter, la tête posée sur les genoux. Les yeux levés vers le ciel, j'imagine ces personnages d'une douceur de plume tristes, pleurant nos averses.

Mais cet après midi fut sans nuages. Un ciel limpide, sans mouvement, figé. Je contemplais
ce ciel sans vie, tout comme comme mon plafond, à la recherche d'un recommencement possible. Eblouie, je fermais les yeux car déjà je sentais couler deux larmes le long de mes tempes. Lumière trop agressive. Je fis alors de mes paupières mon nouveau plafond.

Une toute autre lumière, pourtant aussi agressive, me fit pleurer de nouveau. Celle de la prise de conscience, brutale, sévère. Comment en suis-je arrivée à penser à cela ? Je ne sais plus. Je me souviens seulement de la conclusion. Je suis seule.

De toutes ces personnes qui m'entourent et se disent être mes amis, combien seulement peuvent prétendre me connaître ? Combien seulement peuvent prétendre savoir de quelle manière je fonctionne ? Moi même j'ai du mal à déterminer cela. De tous ceux qui prétendent m'aimer et être là si le besoin s'en fait ressentir, combien ont su voir que ça n'allait pas ? Combien en tout m'ont un jour dit "Tu n'as vraiment pas l'air bien, je m'inquiète pour toi ..." ?

Je peux compter ces personnes sur les doigts d'une seule main. Je ne les citerais pas, par pudeur. J'ai pris conscience cet après midi, Sous mon arbre, que je me suis toujours entourée de personnes qui ne savaient rien de moi, ou seulement ce qui se voit au premier abord pour m'éloigner de ma peur de l'abandon, de ma peur de devoir me débrouiller seule. Comme un remède à cette peur. Mais ils n'ont jamais su déceler cette peur. Ce remède fut inefficace.

J'aimerais seulement dire que je ne perds en rien l'estime que je porte à ces gens que je ne connais pas vraiment, et qui ne me connaissent pas vraiment. Je crois simplement que je grandi et que j'ai compris que l'on était entouré de deux types de personnes.

Il y a ceux qui ne savent rien de vous, qui ne cherchent pas à savoir mais avec qui vous riez et vous créez de bons souvenirs car ces relations sont pleines d'insouciance. Et il y a ces personnes qui vous connaissent mieux que vous ne vous connaissez vous même, ceux au contact desquels vous apprenez beaucoup sur vous, ceux au contact desquels vous avancez et vous vous construisez.

Il est vrai que les premiers mots de cet article peuvent parraître un peu forts et fatalistes, mais ce sont ceux qui me sont venus les premiers cet après midi Sous mon arbre. Cette prise de conscience ne m'atriste pas, car ces personnes si importantes et si peu nombreuses représentent bien plus que les illusions que j'ai perdues cet après midi, en fixant le plafond, Sous mon arbre.




...

# Posté le samedi 08 septembre 2007 13:20

Modifié le mardi 19 février 2008 11:40

"C'est pas que je ne crois en rien. Je ne crois plus tout court, ça me convient ..."

"C'est pas que je ne crois en rien. Je ne crois plus tout court, ça me convient ..."
...





Rien, au fond, n'a vraiment d'importance. Toute notre vie on se bat pour garder celle ci le plus longtemps possible mais ... La finalité d'une vie est toujours la même, c'est universel et sans aucune autre alternative. Il faut que vous sachiez au lieu d'en avoir peur, que vous sachiez que vous mourrez un jour.

Nous n'avons pas la vie devant nous. Nous avons tous appris qu'un jour nous serions quelqu'un, par l'école, le travail, la famille ... Mais ça ne compte pas. Tout de notre vie un jour s'effacera, et il ne restera plus rien. Nous ne sommes pas exceptionnels, nous sommes fais de la même substance organique pourrissante que tout le reste.

Et nous n'avons d'autre choix que de capituler, nous ne pouvons nous battre. Car notre sort est à tous réglé. Alors pourquoi s'enfermer dans la vie morne telle qu'on nous la dicte si l'on part si vite ? Pourquoi ne pas s'offrir la liberté ? Pourquoi ne pas s'offrir le luxe de n'être rien, ni personne ? Une vie sans attache, sans possession, ni sentiment ...

Puisqu'elle est si courte, si insignifiante, alors n'essayons pas de lui donner l'importance qu'elle n'a pas car, inexorablement, nous perdons cette vie minute après minute. Non, n'essayons pas de devenir quelqu'un puisque tout disparaîtra bientôt, ne soyons plus rien, n'ayons plus rien à perdre car perdre tout est inévitable. C'est seulement quand on a tout perdu (et même son coeur) qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut.



Ne plus rien avoir à perdre, c'est vivre vraiment.


J'voudrais être une salope pour ne plus avoir peur de vous perdre. J'voudrais arriver à vous détester ...



...

# Posté le samedi 08 septembre 2007 13:41

Modifié le mardi 19 février 2008 11:40

Without title baby

Without title baby
...


Noire maladie qui prolifère,
Rampant ainsi qu'un vil insecte,
Venant, de ses frères dévorer les chairs.

Rien ne calme la soif brûlante
De leurs gorges désertiques, ardentes,
Que le sang innocent qu'ils ont pris
A ceux qui méritaient la vie.

Ils ne voient en leurs frères qu'une menace
Dont il faut à tout pris effacer la trace,
Mais jamais, jamais, leur sang ne se glace,
Leur cupide démence leur ôte toute angoisse.

Cette espèce prétentieuse et bien trop sure d'elle
Mais qui n'est en réalité que vulnérable et frêle,
SE verrait-elle un jour, à trop se croire près du Ciel,
Brûler définitivement ses lamentables ailes ?




...

# Posté le samedi 08 septembre 2007 17:23

Modifié le dimanche 30 mars 2008 08:12